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Spectrophotomètres : comment les carrossiers retrouvent des teintes de plus en plus complexes

Retrouver la teinte exacte d’une carrosserie est devenu l’un des gestes les plus techniques de l’atelier. Les fabricants de peinture misent sur des spectrophotomètres capables de lire, en plus de la couleur, les effets, la texture et même la brillance, comme le détaille le Journal de la Rechange et de la Réparation dans un dossier publié le 19 octobre.

En bref
• Les teintes d’origine, nacrées, métallisées ou mates, sont de plus en plus difficiles à reproduire.
• PPG DigiMatch, Axalta Irus Scan et Refinity ScanR lisent la couleur sous plusieurs angles, avec une caméra intégrée.
• Les mesures partent sans fil vers le logiciel de recherche de formules du fournisseur de peinture.
• Les professionnels interrogés rappellent que l’appareil ne remplace pas l’œil du peintre.

Pourquoi les teintes sont-elles si difficiles à reproduire ? #

Une peinture automobile actuelle n’est plus une simple couleur. Les pigments à effet, paillettes métalliques ou nacres, renvoient la lumière différemment selon l’angle de vue. Une teinte peut paraître grise de face et virer au bleu ou au bronze de profil. Les finitions mates ajoutent une difficulté : le moindre écart de brillance saute aux yeux.

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Le problème, pour un carrossier, est simple à formuler. Une aile repeinte doit se fondre avec la portière d’origine, sous le soleil comme sous un néon. Or la teinte d’usine elle-même varie d’un lot à l’autre, et elle vieillit avec les années et les UV.

Ce que mesurent les nouveaux spectrophotomètres #

Selon J2R, les premiers spectrophotomètres, apparus à partir de 1994, mesuraient essentiellement la couleur. Les générations actuelles combinent plusieurs angles de lecture et une caméra pour caractériser aussi les effets et la texture.

PPG DigiMatch

Présenté en 2022, l’appareil de PPG prend des lectures sous six angles d’imagerie et six angles de réflectance. D’après sa fiche produit, il fournit des informations de couleur et de texture, y compris la taille des particules des pigments à effet. Il fonctionne avec le logiciel VisualizID.

Axalta Irus Scan

Lancé en 2024 et développé avec BYK-Gardner, l’Irus Scan utilise un angle de mesure inversé breveté. Dans son communiqué de lancement, Axalta indique que ce dispositif détecte mieux les pigments qui changent de teinte selon l’angle, et que l’appareil mesure aussi la brillance, un atout pour les finitions mates et le choix du vernis.

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Refinity ScanR

Présenté en 2025 et développé avec X-Rite, le ScanR de Refinity réalise cinq mesures en une trentaine de secondes, sous six angles de lecture. Toujours selon J2R, il repère certaines rayures qui fausseraient la mesure, lit le numéro de série ou la plaque d’immatriculation, et propose une fonction dédiée aux couleurs de jantes.

Un outil qui reste lié au fournisseur de peinture #

Le dossier de J2R souligne un point que connaissent bien les ateliers : les carrosseries utilisent presque toujours le spectrophotomètre recommandé par leur fournisseur de peinture. L’appareil envoie ses mesures, souvent sans fil, vers le logiciel de recherche de formules de la marque, qui propose la recette la plus proche dans sa base.

Changer de spectrophotomètre revient donc souvent à changer d’écosystème complet : base de formules, logiciel, parfois machine à teinter. C’est pourquoi le choix se fait d’abord sur la gamme de peinture utilisée à l’atelier.

« Le spectro n’est pas un outil magique » #

Interrogé par J2R, François Real, responsable technique de Sherwin-Williams France, résume l’enjeu : le spectrophotomètre est « un outil d’aide à la décision », qui demande de la méthode et de l’expertise. Sa formule, « le spectro n’est pas un outil magique », parle à tous les peintres.

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Dans la pratique, une bonne mesure suppose une surface propre et polie, plusieurs relevés autour de la zone à réparer, et une vérification visuelle. La carte d’essai, peinte et comparée à la carrosserie sous différentes lumières, garde toute sa place avant d’appliquer la teinte sur la pièce.

Ce que ça change pour l’automobiliste #

Pour le client, ces outils ne se voient pas, mais ils se mesurent au résultat : une réparation qui ne se remarque pas, sans élément « décalé » quand on regarde la voiture en biais. Ils limitent aussi les reprises, ce qui raccourcit l’immobilisation du véhicule.

Si vous faites réparer une teinte nacrée ou mate, n’hésitez pas à demander à votre carrossier comment il procède : mesure au spectrophotomètre, carte d’essai, raccord sur les éléments voisins. Un atelier sérieux saura vous l’expliquer.

Questions fréquentes #

Le code peinture suffit-il pour retrouver la teinte ?

Il donne la couleur d’origine, mais pas ses variantes de fabrication ni son vieillissement. C’est pour cela que les ateliers complètent le code par une mesure et une carte d’essai.

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Pourquoi les teintes mates sont-elles délicates ?

Parce qu’un écart de brillance se voit autant qu’un écart de couleur. Certains appareils, comme l’Irus Scan d’Axalta, mesurent la brillance en plus de la teinte.

Tous les carrossiers ont-ils un spectrophotomètre ?

Selon J2R, ils équipent la quasi-totalité des carrosseries en Europe, le plus souvent avec le modèle préconisé par leur fournisseur de peinture.

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